Après plusieurs exercices marqués par des augmentations sensibles, les utilisateurs de voitures de société thermiques verront leur avantage de toute nature (ATN) quasiment figé en 2026. Ceci paraît surprenant, car le nombre de voitures électriques immatriculées continue de progresser, ce qui devrait faire mécaniquement diminuer la moyenne CO2 des émissions et augmenter l’ATN pour les voitures non électriques. Mais la progression sera pourtant inférieure à 1%, ce qui contraste avec les bonds enregistrés en 2024 et 2025.
En réalité, cette stabilisation découle directement de l’évolution du taux de référence des émissions de CO₂. Pour les modèles essence, LPG ou gaz naturel, celui-ci recule légèrement de 71 g/km à 70 g/km. Côté Diesel, le seuil passe de 59 à 58 g/km. Ces modifications très modestes n’entraînent donc qu’une hausse minime dans le calcul final.
Un taux qui ralentit
Le principe reste inchangé : l’ATN est déterminé en fonction du prix catalogue, de l’âge du véhicule et de son niveau d’émissions. Plus un modèle est récent, puissant ou émetteur, plus l’avantage imposable grimpe. Or, ce dernier dépend d’un élément clé : la moyenne des émissions de CO₂ des voitures nouvellement immatriculées.
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La Belgique a connu une accélération fulgurante de la transition électrique, la moyenne de CO₂ avait fortement chuté ces dernières années. Mais de la transition vers la voiture électrique s’essouffle. Les dernières statistiques de la FEBIAC montrent que la part de voitures de société 100% électriques a légèrement reculé, passant de 54% au premier trimestre à 52,8% au second. Avec moins de modèles zéro émission pris en compte, la moyenne générale baisse moins rapidement, ce qui limite la pression fiscale sur les thermiques.
Un ajustement sous la Vivaldi
Cela dit, la quasi-stabilité de l’ATN pour 2026 trouve aussi son origine dans un changement méthodologique introduit début 2024. Avant cette réforme, seules les valeurs d’émissions du cycle NEDC servaient de référence, ce qui favorisait les véhicules électriques souvent homologués sous cette norme. Mais le gouvernement fédéral a rectifié le tir. La norme NEDC reste prioritaire lorsqu’elle existe, mais c’est désormais la norme WLTP qui est utilisée pour les modèles qui n’en disposent pas. Sans cette correction, l’ATN des moteurs thermiques aurait connu une envolée historique de l’ordre de 20 à 30% selon les estimations. La modification a ramené la hausse à environ 10% ce qui évite un réel choc pour les flottes d’entreprise. La faible progression de 2026 s’inscrit donc dans la continuité de cet équilibrage.
Quel impact ?
En pratique, nos confrères de L’Écho ont calculé l’impact de l’évolution de l’ATN en 2026. Ainsi, une BMW X1 Diesel qui émet 131 g/km verra son ATN annuel passer de 4.735,29 euros à 4.772,57 euros, soit +0,79% seulement. Une VW Golf essence mesurée à 122 g/km progressera de 3.109,13 euros à 3.138,43 euros, soit +0,94%. Pour les électriques, c’est toujours la cotisation minimale annuelle qui prévaut, mais elle devrait toutefois être relevée en 2026.
Et en 2027 ?
Il faut toutefois savoir que la stagnation actuelle pourrait n’être qu’une parenthèse. Car le verdissement progressif du parc va continuer de faire baisser le taux de référence. On s’y attend d’ailleurs, car en novembre 2025, les immatriculations de voitures électriques ont dépassé pour la première fois de l’histoire celles des modèles thermiques : au total, 11.935 voitures neuves 100% électriques ont été immatriculées contre seulement 10.425 Diesel et essence. S’il se confirme, ce scénario pourrait donc relancer la pression fiscale sur les moteurs thermiques d’ici quelques mois. À vérifier.
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